Alberto Moravia

  • Sa vie durant, Moravia a placé la poésie au plus haut. Pourtant, le romancier célébré dans le monde entier n'a jamais publié de recueil de son vivant. Les poèmes rassemblés dans cette édition bilingue, commentée par deux grands spécialistes de Moravia, constituent des documents exceptionnels qui témoignent, par la puissance de leurs images et leur concision formelle, d'une maîtrise de l'art poétique au coeur de l'entreprise autobiographique et de l'engagement politique de l'écrivain. Né en 1907, Alberto Moravia connaît un succès retentissant dès la publication de son premier roman en 1929, Les Indifférents. Une trentaine d'ouvrages suivront jusqu'à sa mort en 1990, parmi lesquels Le Conformiste, L'Ennui ou encore Le Mépris, chefs-d'oeuvre qui l'imposent comme l'un des maîtres incontestés des lettres italiennes.

  • Mepris

    Alberto Moravia

    Texte intégral commenté.

  • L'ennui

    Alberto Moravia

    Un roman réaliste qui traite d'un problème éternel.

  • L'amour conjugal

    Alberto Moravia

    Je pouvais maintenant la voir grimper la pente du coteau, vers l'aire sur laquelle surgissait la masse arrondie des meules.
    Elle s'agrippait aux buissons, penchée en avant, glissant et trébuchant, et dans son visage tendu et avide, aux yeux dilatés, dans les gestes de son corps, je reconnus de nouveau sa ressemblance avec une chèvre qui grimpe pour brouter. et puis, comme elle arrivait en haut de la montée, une silhouette d'homme sortit de l'ombre, se pencha, la prit par le bras et la tira presque de tout son poids... cette fois je compris tout.

  • La desobeissance

    Alberto Moravia

  • En 1961, alberto moravia entreprend un voyage en inde en compagnie d'elsa morante, sa femme, et de leur ami pier paolo pasolini.
    De ce voyage, la littérature gardera deux livres complémentaires et éblouissants : l'odeur de l'inde, de pier paolo pasolini, et une certaine idée de l'inde, d'alberto moravia. ce qui saisit moravia c'est, par-delà la violence du choc culturel, la force d'un pays en train de relever un défi social audacieux. analysant les causes de l'extrême pauvreté, il s'en entretient avec nehru, devant lequel il ose dénoncer le système des castes.
    Enfin, il décrit avec une grande élégance l'immensité et la douceur des paysages

  • Indifferents

    Alberto Moravia

    Un roman du mal de vivre de la bourgeoisie italienne fasciste. Il dénonce l'hypocrisie du pouvoir et l'aliénation par le sexe.

  • Le mepris

    Alberto Moravia

    • J'ai lu
    • 7 Juillet 2003

    Capri! Au pied des Faraglioni, l'île rayonne d'azur et de sérénité. Pourtant, le drame couve entre Emilia et Riccardo. Perdu dans les méandres d'un scénario sur l'Odyssée, Riccardo sent sa femme se détacher de lui. Emilia ne l'aime plus. Pire, elle le méprise.
    Drôle de coïncidence! Riccardo voit soudain sa propre vie se superposer à son scénario. Si Ulysse tarde à revenir à Ithaque, c'est par crainte de revoir Pénélope, sachant qu'il doit la reconquérir.
    Reconquérir Emilia! Voilà bien l'unique obsession de Riccardo! Sait-il seulement ce qui agite Emiliaoe Désenchantementoe Ennuioe Attirance secrète pour Battista, le fastueux producteur?
    Dans «le ciel bleu du mépris», l'orage gronde...

  • Alberto Moravia est né en 1907. À près de quatre-vingts ans, il n'a cessé de parcourir le monde en tenant ses carnets de voyage. En 1987, trois ans avant sa mort, cet Européen convaincu se tournait toujours vers le continent noir qui le fascinait, comme l'avait fasciné l'Inde. L'Afrique était à ses yeux le territoire contradictoire du désenchantement politique, du mystère de la religion, du foisonnement végétal et animal et de la crise du monde moderne. Comme Hemingway ou Albert Schweitzer, auxquels il rend hommage dans ce récit, Moravia se situe au coeur des choses et à proximité des gens afin de mieux répondre aux grands mouvements de la vie. S'il nous fait voir la magnificence des forêts, des montagnes et des lacs de Tanzanie, du Zaïre, du Gabon et du Zimbabwe, il nous rend également sensible, évidente, la destruction de la nature. Il emploie tout son talent, son ironie et sa vivacité pour décrire ses rencontres insolites, toujours attentif aux êtres, aux animaux et aux lieux.

  • Claudia Cardinale

    Alberto Moravia

    Alberto Moravia : Quelle est, selon vous, la caractéristique principale de votre beauté ? Et avant tout, pensez-vous être belle ? Claudia Cardinale : Je ne sais pas si je suis vraiment belle.
    Je crois que je suis étrange.

  • « Tu parles dans tes lettres de nos amours comme d'une sombre période de ta vie - il se peut qu'elle ait été sombre, je suis assez sombre moi-même, mais je suis sûr qu'elle n'a pas été inutile ni mauvaise - tu t'apercevras plus tard que ton expérience de Rome t'a beaucoup changée - et en mieux - cela n'est pas mon mérite mais le tien : tu a su en e et aimer vraiment et avec tout ton coeur - c'est-à-dire que tu as vécu sérieusement - avant ça n'avait été que frivolité et badinage - » Suite à leur rupture, Alberto Moravia (1907-1990) a écrit trente lettres en français à l'artiste suisse Lélo Fiaux (1909-1964). L'amour de l'écrivain pour cette femme profondément libre est inscrit à jamais dans l'univers intérieur du romancier.

  • Mario De Sio a vingt ans. Ses parents sont séparés depuis son enfance : le père, agent immobilier, vit à Rome. Mario, lui, a vécu à Paris avec sa mère, jusqu'à la mort de celle-ci. Mario se dit poète (le voeu le plus cher de Moravia) ; il s'identifie même à Guillaume Apollinaire, dont la vie a bien des points communs avec la sienne, mais il n'a jamais écrit de poème. C'est ce qu'il avoue à une mère et à sa fille, ses voisines dans l'avion qui le conduit à Rome, où il se rend pour faire la connaissance de son père, dont il n'a plus qu'un souvenir diffus.

    Et c'est en retrouvant le décor de son enfance, et ce père qu'il connaît si peu, que surgit dans sa mémoire le fantôme de sa mère, dans une scène violemment érotique, traumatique, et aux relents incestueux.

    Ayant renoué avec les deux passagères de l'avion, il se laisse guider dans ses errances romaines par cette jeune fille de treize ans et sa mère, et par une autre femme, plus mûre, que son père a l'intention d'épouser, et avec laquelle il transfigurera ses fantasmes incestueux.

    On a l'impression dans ces pages de retrouver Agostino, le héros du célèbre roman de Moravia, et aussi la vie intérieure et sexuelle du jeune homme qu'il aurait pu être ; on ne peut qu'être admiratif devant une telle performance qui joue avec aisance d'innocence mêlée de provocation, de jouissance et de liberté.

  • Lettres du Sahara Collection Littérature étrangère Alberto Alberto Moravia Traduit de l'italien par Christophe Mileschi Que se passe-t-il dans la tête d'un Lobi, quand il décide de ne plus se construire une demeure de boue séchée en forme de gousse et qu'il préfère une baraque sordide mais plus conforme au " progrès " ? Je voudrais vraiment le savoir, mais il est probable qu'il ne le sait pas, lui non plus : il change, voilà tout. Car il n'y a qu'une chose qui soit plus mystérieuse que la satisfaction, et c'est l'insatisfaction. Ce qui suffisait à la vie n'y suffit plus ; d'une année sur l'autre, un ordre qui durait depuis des siècles est délaissé, par désaffection et par inattention, comme le font les enfants avec leurs jeux.
    Moravia était entre 1975 et 1981 l'envoyé spécial du Corriere della Sera en Afrique. Les textes qu'il écrivit en Côte d'ivoire et au Sahara furent réunis en un volume par Bompiani en 1981, sous le titre Lettres du Sahara.
    Contrairement aux Promenades africaines, repris en poche chez Arléa, en 2007, ce livre est inédit en français.
    Ce sont des récits de voyage - de vie et de mort (l'inoubliable mort d'un enfant) - qui se situent dans la tradition des écrivains et artistes-voyageurs, brassant une mémoire culturelle commune où l'on rencontre Baudelaire et Gauguin, Blixen et Conrad, et où la notation géographique, culturelle ou esthétique conduit toujours à une réflexion anthropologique - ou à une infinie rêverie poétique.
    Par contraste, le contact avec les terres d'Afrique rappelle à l'écrivain (et à son lecteur) tout ce que l'Occident a perdu en gagnant le confort de la vie moderne.

  • Histoires d'amour

    Alberto Moravia

    «Gilda haussa les épaules. Elle lui dit que s'il devait lui parler sur ce ton, mieux valait qu'il s'en allât. Du reste, elle l'avait averti ; il ne devait pas entrer par surprise dans sa chambre, sans frapper : et de toute façon, jamais en pleine nuit. C'en était trop pour Sangiorgio. Il se leva et, saisissant sa femme par un bras, il lui demanda qui était dans ce cas, l'homme qu'elle avait caché dans la garde-robe. Gilda répéta la phrase avec stupéfaction et fit un geste, comme pour dire que son mari était fou. Elle ajouta, de mauvaise grâce, qu'il fallait la laisser. Ces mots, elle les prononça avec dégoût. Avant même de pouvoir se rendre compte de ce qui lui arrivait, elle se retrouva allongée sur le lit, avec Sangiorgio sur elle, haletant, lui serrant le cou.» Extrait de la nouvelle Le Malentendu, 1939.

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