Henri Béhar

  • Proust devinait la profondeur de l'âme humaine et savait, comme personne, la retranscrire dans son oeuvre.

    Ce recueil de plus de cinq cents citations nous fait replonger avec délice dans son univers. Abordant ici l'amour et la sexualité, l'art et la littérature, la maladie, la vieillesse et la mort, mais aussi le plaisir, les mondanités, les rêves... Proust nous donne à voir tout son talent, son imagination, la grâce de son écriture, ainsi que son humour inimitable.

  • Ce livre de cuisine vise à faire apprécier la littérature d'Albert Cohen à partir des nombreuses références à la nourriture et particulièrement aux plats d'origine judéo-balkanique qu'elle contient.
    Ce projet a pour principe qu'on ne peut goûter un texte (c'est le cas de le dire) que si l'on en possède les clés, les sources culturelles dans lesquelles l'auteur baigne, inconsciemment parfois. Dans le cas présent, il s'agit de faire entrer la littérature par l'estomac !
    Henri Béhar a donc recensé tous les fragments mentionnant cette nourriture, en ne retenant que ceux qui se réfèrent à la culture séfarade (à laquelle Cohen appartenait corps et âme) et, pour en marquer la spécificité, on y joint des recettes.
    L'ouvrage contient 40 recettes. En regard de chaque recette, on trouve les citations les mentionnant dans l'oeuvre d'Albert Cohen.
    Ces recettes sont celles de l'époque évoquée par Albert Cohen dans ses romans, conformes aux règles alimentaires de sa communauté. Ainsi, est indiqué la manière de cuire les aubergines au feu de bois, comme faisait la mère d'Albert Cohen, ce qui leur donne un fumet qu'on ne retrouve pas dans les recettes actuelles du caviar d'aubergine.

  • Trois points communs et simultanés caractérisent les différents courants de l'avant-garde désormais dite « historique » : la rupture, la constitution d'une communauté, enfin une détermination politique. Ayant établi que toute avant-garde est nécessairement politique, Henri Béhar n'élude pas le délicat problème de l'engagement du critique et de l'historien.
    Regroupant un choix de communications et d'essais publiés en revue, ce volume s'ordonne en trois parties.
    La première regroupe des recherches ayant trait aux éclats de la bombe Dada que Max Ernst se refusait à rassembler : le rôle de Tristan Tzara dans la diffusion du Futurisme, sa découverte de la poésie nègre, son amitié productrice avec Hans Arp ; le facteur politique à l'oeuvre dans le mouvement, et sa découverte de l'inconscient.
    La seconde partie examine les lames de fond qui se produisirent, en général, sur les planches, tant par le traitement de scénarios shakespeariens que par la fondation du Théâtre Alfred-Jarry, l'irruption du rire d'Artaud, les mises en scène surréalistes de Sylvain Itkine avec le Diable écarlate, le rôle généralement ignoré de Roger Vitrac au cinéma et enfin un examen global de la provocation comme catégorie dramaturgique.
    Par analogie avec le langage des géologues qui désigne ainsi la zone du Pacifique où se produisent 75 % des séismes terrestres, la troisième partie se prend à analyser la ceinture de feu surréaliste à travers des figures ou des moments singuliers : la relation Paulhan-Breton, les rapports avec le Grand Jeu, la critique littéraire à l'oeuvre dans les revues surréalistes, le rôle éminent joué par Dali, de la scatologie à l'eschatologie, les rapports du mouvement avec le politique et, pour finir, son rôle dans l'élaboration du Manifeste des 121.
    L'ensemble est précédé d'un large panorama, jetant un regard lucide et amusé sur une cinquantaine d'années de travaux personnels sur la question.

  • Andre breton

    Henri Béhar

    • Fayard
    • 21 Septembre 2005

    Passé l'éclair du magnésium, les traits d'André Breton (1896-1966) se figent à jamais. Visage décidé, menton en avant, cheveux assez longs, il conduit la horde changeante des surréalistes. Dans la tourmente du siècle, marqué par deux guerres mondiales et la plus vaste révolution que la terre ait connue, c'est lui qui désigne le chemin. Son autorité s'exerce sur beaucoup, des plus grands aux plus obscurs. Aragon, Eluard, Soupault, Péret, Char, Tzara même, lui obéissent. A son corps défendant, le voilà hissé sur un piédestal, quelque part entre les statues de Rousseau et de Chateaubriand.

    Ecartant les images simplistes, cette biographie montre comment s'est formée la personnalité du poète à travers son admiration puis son rejet de Valéry, Gide, Apollinaire. Elle le suit pas à pas dans sa quête de l'esprit moderne et son enthousiasme pour Dada, son invention de l'écriture automatique, son adhésion critique au parti communiste. Elle reconstitue l'avènement du surréalisme, son aventure quotidienne, ses débats et ses combats, à travers cet homme qui a toujours pris le parti de la vie.

    Plus complexe, sensible, hésitant et angoissé qu'on le croit généralement, l'auteur de Nadja s'est efforcé de mettre en pratique une morale exigeante de l'existence, dominée par le très haute idée qu'il se faisait de l'amour, la poésie, la révolution. Il y est parvenu au prix de bien des difficultés, avec une constance et une inflexibilité qui l'ont fait classer, définitivement, au nombre des « grands indésirables ».

    Cette nouvelle édition d'une biographie qui a fait date est mise à jour et augmentée de notes et références. Elle a bénéficié des ouvrages et documents publiés depuis 1990, et notamment de la vente de l'atelier André Breton.

  • Dada en verve

    Henri Béhar

    • Horay
    • 21 Mars 2002

    Qu'est-ce que la "verve" ? Pour la définir, les dictionnaires, comme le Grand Littré et le Petit Larousse, ont recours à une métaphore : "chaleur d'imagination", disent-ils... Bonheur d'expression qui surprend le lecteur, arrêté soudain par un "mot", une réflexion, une répartie, dont la justesse et la cocasserie inattendue le laissent ravi devant la page ouverte.
    Depuis que la langue existe, la verve n'appartient qu'à ceux qui sont pris par la rage des mots et du verbe. Bref, tous les grands créateurs et les virtuoses du langage.
    Mais elle n'apparaît pas seulement dans les oeuvres imprimées ; certains la confient à leur journal intime, ou la sèment en formules heureuses dans la conversation. Les plus brillantes (qui ne sont pas toujours les plus connues) sont rassemblées dans cette collection.

  • On peut estimer à un millier les termes français venant de l'hébreu, qui se répartissent d'emblée en deux catégories : les termes empruntés à la langue sacrée par la voie religieuse, et les autres, venant du commerce des esprits et des relations sociales. Il n'est pas surprenant d'entendre ré- gulièrement les chrétiens prononcer amen ou encore alléluia, sans savoir que l'Église a volontai- rement maintenu ces mots hébreux dans les prières pour marquer les origines de cette religion.
    Henry Béhar se demande pourquoi la langue française, si riche, éprouve le besoin d'acquérir un certain vocabulaire, et de le conserver dans son capital au cours du temps, tout en renouvelant constamment l'opération. (Ainsi le charmant chérubin ou même la très populaire échalote.) Dans son dictionnaire, il n'a retenu que des mots, d'une part appartenant à l'hébreu ancien, du temps de la Bible, d'autre part pour quelques-uns relevant de l'hébreu moderne, voire du yid- dish. Jugeant irritant d'entendre des responsables politiques et des élus déclarer que le français est une langue unitaire, provenant intégralement du latin, sans autres apports, il a choisi de re- lever 150 mots d étymologie hébraïque et d'en étudier la formation, l'histoire et l'usage dans notre littérature et notre culture. C'est peu, dira-t-on, mais cela suffit à démonter le mécanisme de l'emprunt, auquel notre langue s'adonne avec plaisir.

  • Mondialement connu comme l'inventeur de Dada, Tristan Tzara en aura été le meilleur fédérateur, en établissant des contacts parmi les peintres et les poètes à travers l'Europe en guerre. Si, pour lui, la poésie était plongée dans l'histoire jusqu'au cou, le poète ne consentit jamais à la mettre au service d'aucune cause. A la Libération, il a refusé la notion sartrienne de littérature engagée de même qu'il s'est toujours opposé à un retour aux formes fixes. Mais l'auteur de Midis gagnés, et de De mémoire d'homme fut aussi célèbre par sa collection d'art africain et océanien, dont les plus belles pièces se trouvent désormais dans les musées spécialisés, par ses écrits sur l'art et la poésie. Par un cheminement qui n'a rien d'étrange pour qui s'intéresse aux conditions de la création, Tzara consacra les dix dernières années de sa vie à la recherche des anagrammes dans la poésie de Villon, reconstituant, à sa façon, le roman du poète qu'il se refusait à peindre en mauvais garçon. Tristan Tzara, ou l'homo poeticus.

  • Observant la similitude du mythe du golem avec le fonctionnement de l'ordinateur, La Littérature et son golem (Paris, 1996) envisageait l'apport de la machine à l'étude de la littérature. Le présent volume prolonge la réflexion en montrant les performances de la Banque de données d'histoire littéraire dans l'approche des genres littéraires, la périodisation de cette histoire et dans son renouveau. La seconde partie envisage la constitution théorique d'un lecteur moyen qu'elle voit enquêtant à travers de vastes corpus. Enfin, la dernière partie exploite un corpus d'oeuvres surréalistes en caractérisant le discours romanesque chez René Crevel, la couleur nationale des poésies d'Aragon, la thématique de La Révolution surréaliste, et en appliquant un traitement automatique aux Manifestes.

  • C'est lors de son séjour au canada, en pleine guerre, en 1944, qu'andré breton écrit arcane 17.
    Dans le tarot des bohémiens, l'arcane 17 est l'etoile, symbole d'espérance, de liberté et d'amour. mais c'est aussi elisa, la compagne du poète, sa seule inspiratrice. c'est à elle qu'il dédie ce récit de rêve. le manuscrit d'arcane 17, l'un de trésors de la bibliothèque littéraire jacques-doucet, est publié ici pour la première fois. le texte, bien connu, est écrit à la main par breton dans un " cahier de grande école buissonnière " de 48 pages.
    La partie illustration, elle, est totalement inédite. les collages, les photos, les objets trouvés sont annotés par andré breton et constituent la clef pour comprendre arcane 17. notre édition contient également la transcription précise du manuscrit ainsi que le texte complet d'arcane 17. henri béhar, biographe d'andré breton, professeur de littérature française à la sorbonne nouvelle, directeur du centre de recherches sur le surréalisme et de la revue mélusine, présente dans un essai brillant ce texte majeur du surréalisme.

  • Dans le Testament d'Orphée, Jean Cocteau croise son double sous les voûtes de la Rue Obscure, à Villefranche. - Il a fait semblant de ne pas me voir. - Vous avez assez crié partout que si vous le rencontriez, vous ne voudriez même pas lui serrer la main, dit Cégeste. Il y a deux Jean Cocteau : le personnage, ou plutôt les personnages, fabuleusement scintillants, inimitables, parisiens, réussis, toujours parfaitement accordés à la couleur de l'époque. Mais il y a aussi l'homme. L'homme avec ses qualités, ses faiblesses, ses caprices, ses amours, ses certitudes, son scepticisme et, par-dessus tout cela, une intelligence et des talents. Ce livre, qui fait état d'une grande quantité d'événements inconnus ou peu connus, de nombreux documents inédits et insolites, raconte l'homme aussi bien que les personnages, et l'incessant effort vers le dialogue entre le vivant et son double (son image dans les miroirs) que le poète du Testament voudrait peut-être instaurer, mais qui se refuse obstinément.

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