Gérard Pfister

  • Après le triptyque de La Représentation des corps et du ciel - Le grand silence (2011), Le temps ouvre les yeux (2013) et Présent absolu (2014) -, après Ce que dit le Centaure mettant en scène le Temps, le Songe et le Chant, c'est une méditation plus vaste encore qui est ici proposée au lecteur.
    D'emblée le propos, philosophique autant que poétique, en est posé par l'épigraphe de Lucrèce :
    « Tu parais, et les vents, les nuages du ciel / à ta venue s'enfuient, sous tes pas la terre / brode de tendres fleurs, le miroir de la mer sourit, / et le ciel apaisé brille d'une lumière immense. » De quelle apparition s'agit-il ? Celle qui se révèle à nous dans la vie de chaque instant, dans le mouvement des formes, des couleurs, des significations. De tout cela que voyons-nous, que comprenons-nous ? « Tout est tellement incompréhensible », écrivait Etty Hillesum devant le lupin violet éclos dans le camp de Westerborck.
    « Le poème, indique une courte préface, serait cette parole plus fluide que l'eau, plus rayonnante que la lumière, qui saurait de toutes choses ne faire sentir que l'apparition, le chatoiement, ce qui toujours semble ici et qui n'a pas de nom. » Comment atteindre à cette parole pour qu'aphorisme et lyrisme, pensée et musique ne fassent plus qu'un : à travers 1000 poèmes de 4 vers, indépendants et résonnant ensemble. 4000 vers, ouverts à la nature, à l'art de Titien, Monet, Bill Viola ou Lee Chang-Dong . Et l'intense lumière de Venise.

  • Les yeux ouverts sur le vide le vide jaillissant des yeux comme d'un point d'indispensable lumière comme une sidération l'expérience d'un autre, du seul de notre ciel.

  • Ce livre paraît après le triptyque intitulé La Représentation des corps et du ciel, composé de trois oratorios : Le grand silence (2011) ; Le temps ouvre les yeux (2013) et Présent absolu (2014), ce dernier accompagné d'un essai, « Un art du peu », sur les moyens de la poésie, de la musique et de la peinture. « Aucun des trois textes, précisait la note finale, ne devrait être lu sans que les deux autres ne soient de quelque façon en mémoire, comme aussi bien, dans le drame en trois actes ici présenté, la longue procession du temps et sa dilatation à l'infini dans l'ouvert se résolvent en un seul point de toujours jaillissant. » Ce que dit le Centaure s'inscrit dans un autre espace que ces trois oratorios :
    Celui de la mythologie (de la même manière que la psychanalyse redonne sens aux personnages du mythe) et de la dramaturgie (comme le pratique l'opéra ba- roque). « Les mots sont des forces, souligne la préface. Ils sécrètent, prolifèrent, irradient. [...] D'un instant à l'autre les interactions se mettent en place, les al- légories prennent chair. Les tableaux se composent et deviennent paysages.
    Les voix s'amplifient, s'accélèrent, ou presque s'immobilisent. [...] Sur la scène, c'est notre histoire qui se joue et notre joie est en cette liberté retrouvée de pleinement l'entendre.. » Le drame, c'est d'être livrés sans défense à ces forces sournoises, tyranniques que sont en nous les mots. Moitié chair, moitié mots, comme le Centaure, cheval et héros. Il y a en nous trois forces, trois « personnages » tous trois à leur façon en proie à la parole : le Temps qui, magnifique, nous mène à la mort ; le Songe qui, prétendant nous sauver, nous aliène, nous rend fous ; le Chant qui, tissant temps et songe, les illumine. Et l'enjeu est notre liberté.

  • Le 15 septembre 1942, Serge Bermont, un jeune professeur de philosophie, est assassiné par la Gestapo de Strasbourg, après avoir subi interrogatoires et tortures chaque jour d'une longue détention. Son sort paraît d'autant plus choquant que l'intellectuel n'avait pas hésité à prêter allégeance dès la première heure au nazisme, la nouvelle "religion" d'Etat. La réponse à cette énigme ne se dévoilera que cinquante ans plus tard, lorsque son épouse Jeanne découvrira par hasard le fruit des recherches qu'il avait soigneusement dissimulées dans leur maison de montagne à Hohrod.
    Aux sources de la philosophie allemande auxquelles il a consacré ses travaux, resplendit la mystique la plus pure incarnée par Maître Eckhart. Mystique confisquée, niée dans sa vérité, par le nouveau maître d'Allemagne des années trente, le Führer... Une négation qui a commencé bien avant. Comme le démontre l'histoire de cette mystérieuse "Communauté du Haut-Pays", connue depuis le Moyen Age et dont la piste s'est ensuite effacée.
    Le fondateur de cette utopie, le fameux "Ami de Dieu", a-t-il existé ou faut-il croire les savants qui, à la fin du XIXe siècle, ont prétendu à une mystification ? Et qui est cet étrange banquier, Roland Merswin, qui aurait tout inventé : mystique visionnaire ou dangereux manipulateur? Héritier d'Eckhart ou ancêtre de Rosenberg, haut théoricien du parti nazi ? Ce roman de l'intégrité intellectuelle, aux accents apocalyptiques, ouvre sur une quête d'absolu qui interroge sans cesse le sens caché de l'Histoire au fil des siècles.

  • Hautes-huttes Nouv.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Gérard Pfister

    Gérard Pfister

    Poète dit du spirituel, de la foi, de l'espoir, dans le but de chanter le mystère de la vie et de l'amour, Gérard Pfister a le sens de la justesse, du mot placé à l'endroit exact où il aura tout à dire. Adepte de la sobriété, l'auteur aime explorer et suggérer; il apprécie également les questionnements intérieurs qui aident à jalonner notre chemin d'existence au milieu de ce monde compliqué.

    Ce recueil est à son image: curieux et introspectif. Un beau parcours poétique qui permet au lecteur de prendre la mesure de toute la subtilité de la plume de Gérard Pfister. J'aime particulièrement sa manière de faire parler les silences et d'exprimer les non-dits en quelques mots, sans s'encombrer d'effets inutiles.

    Un volume publié dans la collection "Poètes trop effacés" des éditions Le Nouvel Athanor, une série de monographies poétiques d'auteurs moins médiatisés que d'autres. Jean-Luc Maxence propose un portrait de Gérard Pfister en début de volume, suivi d'une bibliographie de l'auteur et enfin d'une anthologie, compilation certes subjective mais joliment composée de textes poétiques de G.Pfister. Un bon moyen de nous imprégner de son oeuvre.
    Sahkti

  • Écrire, traduire, éditer ne sont en définitive que les aspects d'une même démarche. Un même travail sur une parole toujours à recréer : à traduire du silence, à traduire de la langue d'un autre, à traduire dans l'espace du livre. C'est ainsi que l'expérience intérieure et l'écriture sont intimement liées. Écrivain, traducteur, éditeur, Gérard Pfister a toujours vécu ces trois approches de l'écriture dans une étroite complémentarité.
    Essayiste, il a publié récemment, après un ouvrage historique sur Marcel Weinum et la Main Noire (1940-1942), un livre intitulé « La poésie, c'est autre choses » -1001 définitions de la poésie (mai 2008) qui a été salué avec éclat par le Monde et le Magazine littéraire. Il est surtout l'auteur d'une douzaine d'ouvrages de prose et poésie. Après les proses de Naissance de l'invisible (1997) et des Blasons du corps limpide de l'instant (1999), un cycle nouveau a été inauguré par Le tout proche (Lettres Vives, 2002) et La Transparence (2005). Une langue plus radicale de nudité : musicale, sensible, aussi concrète que l'est la pure chimie des sensations. Dans son Bulletin de théologie littéraire, Jean-Pierre Jossua tentait une définition de la poésie du Tout proche : « La poésie de Gérard Pfister est arrivée à sa maturité. Comment la définir autrement qu'une poésie mystique pleine de pudeur ? » Et, lisant La Transparence, il précisait cette analyse : « Un itinéraire spirituel qui n'ignore pas la consistance de l'humain. Une dynamique qu'atteste aussi l'ultime poème hors ensemble où un amour, une aventure autres se lisent en filigrane d'une humaine union. » On parle de « vie spirituelle », d'« intériorité », de « soi intime ». Tous termes qui à force d'avoir été utilisés avec différentes connotations religieuses suscitent une vague inquiétude. « Vie spirituelle », « intériorité » : qu'est-ce à dire ? Ne risque-t-on pas de verser d'un côté dans l'illusion narcissique et, de l'autre, dans la pieuse autosuggestion ?
    Comment faire sentir ce qu'est cette dimension intérieure en nous sans référence spiritualiste ou psychologisante ? Comment l'évoquer tout simplement, à partir de l'expérience la plus élémentaire qui est celle de chacun, chaque jour ? Tel est le propos de cet ouvrage. En deçà des schémas intellectuels ou religieux habituels, au ras de la perception qu'en chacun peut avoir pourvu qu'il veuille bien rester dans cet état de lucidité aigu que nous éprouvons tous à certains moments de grand dénuement, de total détachement.
    Il y a un pays derrière les yeux. Chacun l'éprouve. Chacun le sait tellement qu'il ne s'en étonne plus. Ce pays est une obscurité. Le lieu des souvenirs. Le lieu où survivent les choses de l'enfance et le visage de nos morts. Masi aussi par moment un grand désert. Une caverne froide et inquiétante. Un lieu d'inconnu et d'effroi. Un lieu d'où nous sommes comme absents. Mais aussi, parfois, le lieu d'une autre présence.
    Comment faire sentir tout cela dans sa nudité, son évidence, autrement que par l'écriture poétique ? Où « poétique » ne veut dire qu'une manière de forcer les mots par un autre usage, de leur faire dire ce qu'ils ne voudraient pas dire. Eux qui ne sont faits que pour nos besoins matériels et sociaux de tous les jours, et pour oublier ce qui peut nous déstabiliser, nous mettre en danger : « quelque chose / appelle // derrière mes yeux // une vague / présence // un regard // plus sombre / que la nuit /// derrière mes yeux / il n'y a rien // que ce désir // une enfance / oubliée // sous le lierre // la terre / profonde // où je repose ».

  • Proust est à lui seul, a-t-on dit, toute la littérature comme Bach est à lui seul toute la musique. On trouve en son oeuvre toute la modernité, et toute la tradition classique. On sait le goût qu'il avait des moralistes comme Pascal, La Rochefoucauld ou La Bruyère. Bernard de Fallois, l'un des meilleurs connaisseurs de l'oeuvre de Proust, a publié dans son Introduction à la Recherche du temps perdu un large choix de maximes et de pensées de Proust, qui atteste qu'il est aussi, dans la concision et la lucidité, le parfait continuateur des moralistes du Grand Siècle.
    Au reste voulait-il vraiment écrire un roman ?
    « J'ai trouvé plus probe et plus délicat comme artiste, écrit-il à Jacques Rivière en 1914, de ne pas laisser voir, de ne pas annoncer, que c'était justement à la recherche de la Vérité que je partais, ni en quoi elle consistait pour moi [...] Ce n'est qu'à la fin du livre, et une fois les leçons de vie comprises, que ma pensée se dévoilera. » Quelles sont donc ces essentielles « leçons de vie » ? A travers l'imposante masse de l'oeuvre de maturité, des textes de jeunesse et de la correspondance, ce nouveau volume de la collection Ainsi parlait le fait clairement apparaître.
    Quelle sont les sources de cette pensée ? On s'en tient souvent à son lien familial avec Bergson, c'est oublier qu'il a suivi lui-même des études de philosophie à la Sorbonne et que, admirateur de Wagner, il s'est également passionné, comme le montre la préface du présent volume, pour la philosophie allemande, de Schelling à Schopenhauer.

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