Mots, aphorismes et autres propos renversants
  • Intense, fripon, voluptueux, sentimental, libre, grivois, romantique, solennel, saugrenu, clandestin, cru... L'amour a mille et une variations que Laurence Castelain et Jacques Perry-Salkow effeuillent avec un plaisir communicatif. Décidément, la langue de Molière porte en germe le génie de l'amour. Et, à n'en pas douter, l'amour et l'anagramme étaient faits pour se rencontrer : l'un met sens dessus dessous les coeurs et les corps ; l'autre, les mots.

  • Tout aphorisme se doit de résumer en quelques mots une vérité fondamentale ou d'énoncer de manière succincte une vérité banale de la vie courante pour, souvent, aller à l'encontre des stéréotypes et des idées convenues.
    La tradition des formes brèves et sentencieuses remonte à la culture grecque et traverse toutes les époques. Illustrée à l'origine par Plutarque, Héraclite, Aristote ou Marc Aurèle, elle est poursuivie par Villon et Montaigne, dont les Essais fourmillent d'aphorismes, puis par La Bruyère, Chamfort, Vauvenargues ou La Rochefoucauld, et jusqu'à Cioran. Tous firent de cet « art de la pointe » un art à part entière.
    Cet ouvrage de Philippe Moret témoigne de la richesse d'un genre littéraire proprement universel. Il ne se limite d'ailleurs pas au domaine français, puisant aussi bien dans les littératures anglaise, allemande et espagnole que dans celles d'Afrique ou d'Orient. Conçu sous forme d'abécédaire, il embrasse, de A comme « Âges de la vie » à Z comme « Zoologie », en passant par E comme « Éros », R comme « Rire » ou S comme « Sociabilité », tous les thèmes ayant trait aux grandes questions de l'existence et de la culture, de la relation à soi et à autrui.
    Le lecteur trouvera dans ce vaste répertoire quantité d'aphorismes souvent savoureux, drôles, incisifs, comme ceux-ci : « Il y a toujours une philosophie pour le manque de courage » (Albert Camus) ; « On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité » (Pierre Reverdy) ; « La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde » (Paul Valéry) ; « La vie familiale est une intrusion dans la vie privée » (Karl Kraus) ; « Toute confidence engendre deux servitudes » (comtesse Diane).
    Il y a ici matière à s'instruire autant qu'à se distraire.

  • « Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans. »

  • « Il créait tout le temps », écrira Jules Renard à propos d'Alphonse Allais (1854-1905). C'est sans doute ce qui a été dit de plus vrai sur celui qui est à la fois le plus grand des humoristes français et le plus fécond.
    Ce qui l'anime ? un anticléricalisme et un antimilitarisme primaires, le refus de toutes formes d'autorité, une agressivité contre la bêtise, un dégoût profond des crapuleries parlementaires. Telles sont les sources de la verve d'Alphonse Allais. Et il la dispense généreusement dans ses contes et dans ses chroniques au Chat noir ou au Journal.
    En attendant de lire ou de relire son oeuvre riche et abondante, redécouvrez ici ses meilleurs mots. Il lui revient de droit, en tant que prince du calembour et inventeur de l'humour anglais, de rouvrir la mythique collection « En verve ».

  • Quand un physicien et un jazzman se rencontrent, que font-ils ? Des anagrammes.
    Un jeu savant et loufoque qui consiste à mélanger les lettres d'un mot pour en former un autre. C'est ainsi que les tripes ne sont pas sans esprit, les morues sans moeurs, le pirate sans patrie, le sportif sans profits et l'étreinte sans éternité. Cette opération malicieuse peut même révéler le sens caché des noms et des expressions. Avec Klein et Perry-Salkow, la madeleine de Proust devient un don réel au temps idéal, le Canard enchaîné brandit la canne de l'anarchie et, dans la courbure de l'espace-temps, ils voient le superbe spectacle de l'amour.
    Cela n'est qu'un début... Car nos auteurs aiment déchiffrer les énigmes. Quelle loi discrète ont-ils découverte dans la chute des corps ? Quelle sentence prémonitoire dans Marie-Antoinette d'Autriche ? Quelle vérité profonde dans Albert Einstein ? Quelle coquetterie surprise chez la marquise de Pompadour ? Ils font surgir les réponses tapies dans le secret des mots et les accompagnent de saynètes ou de portraits.

  • Personnage incontournable de l'histoire du XXe siècle, Ernesto « Che » Guevara (1928-1967) a laissé à la postérité l'image même du révolutionnaire. Peu savent qu'il était également un auteur prolifi que, écrivant même au coeur des opérations de guérilla. Dans ses oeuvres, il se révèle d'une complexité insoupçonnée : tantôt impitoyable, arrogant, provocateur, tantôt profondément humain, idéaliste, rieur et bon vivant.
    Entre les lignes de ce recueil de citations se dévoile le portrait chinois de l'homme qu'éclipse souvent l'image iconique du Che.

  • Proust est à lui seul, a-t-on dit, toute la littérature comme Bach est à lui seul toute la musique. On trouve en son oeuvre toute la modernité, et toute la tradition classique. On sait le goût qu'il avait des moralistes comme Pascal, La Rochefoucauld ou La Bruyère. Bernard de Fallois, l'un des meilleurs connaisseurs de l'oeuvre de Proust, a publié dans son Introduction à la Recherche du temps perdu un large choix de maximes et de pensées de Proust, qui atteste qu'il est aussi, dans la concision et la lucidité, le parfait continuateur des moralistes du Grand Siècle.
    Au reste voulait-il vraiment écrire un roman ?
    « J'ai trouvé plus probe et plus délicat comme artiste, écrit-il à Jacques Rivière en 1914, de ne pas laisser voir, de ne pas annoncer, que c'était justement à la recherche de la Vérité que je partais, ni en quoi elle consistait pour moi [...] Ce n'est qu'à la fin du livre, et une fois les leçons de vie comprises, que ma pensée se dévoilera. » Quelles sont donc ces essentielles « leçons de vie » ? A travers l'imposante masse de l'oeuvre de maturité, des textes de jeunesse et de la correspondance, ce nouveau volume de la collection Ainsi parlait le fait clairement apparaître.
    Quelle sont les sources de cette pensée ? On s'en tient souvent à son lien familial avec Bergson, c'est oublier qu'il a suivi lui-même des études de philosophie à la Sorbonne et que, admirateur de Wagner, il s'est également passionné, comme le montre la préface du présent volume, pour la philosophie allemande, de Schelling à Schopenhauer.

  • Proust devinait la profondeur de l'âme humaine et savait, comme personne, la retranscrire dans son oeuvre.

    Ce recueil de plus de cinq cents citations nous fait replonger avec délice dans son univers. Abordant ici l'amour et la sexualité, l'art et la littérature, la maladie, la vieillesse et la mort, mais aussi le plaisir, les mondanités, les rêves... Proust nous donne à voir tout son talent, son imagination, la grâce de son écriture, ainsi que son humour inimitable.

  • « Pascal, écrit Bernard Grasset, un scientifique devenu mystique, un contempteur des philosophes et des poètes devenu maître de sagesse et artiste souverain du langage. Chez lui tout nous étonne et nous fascine, tout nous conduit hors des sentiers convenus. » Pascal est une des figures les plus originales et géniales de la littérature française. Ses Pensées sont parmi les textes les plus cités, souvent de travers. Mais qui connaît ses autres écrits : ses lettres mais aussi ses textes scientifiques, spirituels, philosophiques ou polémiques ?
    Selon l'esprit de la collection Ainsi parlait, ce petit ouvrage vise à faire découvrir de manière facile et agréable l'ensemble des facettes de ce véritable météore de la littérature. Un homme moderne par son esprit profondément scientifique et par ses angoisses existentielles. Héritier de Montaigne et précurseur de Leopardi, Nietzsche ou Kierkegard, Pascal a une place essentielle dans la pensée européenne.
    Son écriture est unique par son intensité, sa limpidité et son élégance. Homme de contrastes, Pascal allie une extrême intelligence avec une vive sensibilité, raison et émotion, esprit de géométrie et esprit de finesse. Volontaire, esprit indépendant, il témoigna d'une longue patience dans la souffrance.
    Savant mathématicien, il garde le sens pratique, reste attentif au concret. Son aventure intellectuelle et spirituelle nous touche par sa liberté, sa fulgurance et son incandescence.

  • Variations autour de l'aphorisme. Des thèmes évoquant la ville, la campagne, le monde végétal ou animal.

  • Péguy le mécontemporain (Alain Finkielkraut, 1991), Péguy l'insurgé (Jean Bastaire, 1975), Péguy l'inchrétien (id., 1991), « Péguy philosophe » (Emmanuel Mounier, 1930) : autant d'essais sur Péguy, autant de visages différents. Péguy l'inclassable, assurément (Géraldi Leroy, 2014). Toujours actuel et éclairant à travers les changements de notre société !

    Les Cahiers de la Quinzaine restent le modèle indépassable d'une grande revue d'idées : « Je révèle ici un secret de ma gérance, écrivait Péguy : tous les cahiers sont faits pour mécontenter un tiers au moins de la clientèle. Mécontenter, c'est-à-dire heurter, remuer, faire travailler. » Paul Decottignies nous donne accès à l'ensemble d'une oeuvre très vaste et variée, souvent invoquée mais mal connue. Il nous révèle un esprit visionnaire et un maître de liberté, mais aussi un écrivain brillant autant qu'insolent.

    « Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. [...] Et il est le maître de l'État comme il est le maître de l'école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé. » À l'aube du XXe siècle, quel philosophe, quel écrivain a mieux senti que Péguy ce qui allait se jouer ?

    Et sur lui pourtant que d'idées fausses ! Péguy le catholique : mais il se maria civilement, ne fit pas baptiser ses enfants et la presse catholique l'avait en horreur ! Péguy le conservateur : mais il fut socialiste toute sa vie, et avec quelle ardeur ! Péguy l'intellectuel : mais, resté profondément provincial, il vomissait l'intelligentsia parisienne. À qui le comparer sinon à un Pasolini, pétri lui aussi de paradoxes, poly-graphe et militant, scandaleux et assoiffé de vérité !

    « Un petit homme brusque et pressé, toujours pressé [...], le regard tendu de bas en haut, comme un taureau [...], le souffle court et le parler égal, pressé et saccadé [...]. C'était un homme à congestions. » C'est ainsi que le décrit Romain Rolland. La vie de Péguy semble faite tout entière d'étapes successives et contra-dictoires : « L'homme qui veut demeurer fidèle à la vérité doit se faire incessamment infidèle à toutes les inces-santes, successives, infatigables renaissantes erreurs. ».

    Découvrir Péguy dans sa profonde fidélité comme dans ses impatiences, tel est l'objet de cet Ainsi parlait Péguy. Nul auteur pour lequel l'approche originale de cette collection se révèle aussi efficace. Faire découvrir « Péguy l'hérétique » (titre de sa préface), telle est ici la réussite de Paul Decottignies.

  • De Gaulle est le symbole de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, l'homme fort de la guerre d'Algérie et le principal instigateur de la Cinquième République. Sa repartie et sa verve furent à la hauteur de son rôle dans l'Histoire française : magistrales.
    Découvrez en 300 citations un de Gaulle martial, politique, drôle et même touchant.
    À propos des jeux Olympiques de Rome, jeux où la France se place à une piteuse 25e place, de Gaulle ronchonne : « Dans ce pays, si je ne fais pas tout moi-même ! » Discours à Strasbourg, le 23 novembre 1959 : « Oui, c'est l'Europe depuis l'Atlantique jusqu'à l'Oural, c'est l'Europe, toutes ces vieilles terres où naquit, où fleurit la civilisation moderne, c'est toute l'Europe qui décidera du destin du monde. » À la suite de son opération de la prostate : « Avant, les Français me regardaient comme si j'étais la France ; maintenant, ils savent que je suis incontinent. »

  • Louis-Ferdinand Céline est sans aucun doute l'écrivain qui a suscité à la fois le plus d'engouement et d'indigna- tion. Balloté entre deux guerres terribles dans une société en bouleversement, Ferdinand Destouches (1894- 1961) exprime dans son oeuvre un humour sombre et jubilatoire qui marquera durablement notre littérature.
    Quand il saisit sa plume, Céline n'a peur de rien. Il foudroie ses contemporains et pourtant admire les grands hommes de son siècle. En dépit, ou à cause de ses excès, son écriture fascine, surprend.
    Il cisaille la langue encore et encore avec acidité et dérision. Souvent considérée comme une révolution litté- raire, sa verve n'a rien perdu de sa force.

  • L'édition intégrale des Écrits d'Etty Hillesum (De nagelaten geschriften van Etty Hillesum 1941-1943) a paru en néerlandais en 1986 et a été traduite dans de très nombreuses langues. Sa traduction française par Philippe Noble a paru en 2008 (Seuil, plus de 1000 pages). Hors de toute église et de toute confession, la voix de cette jeune femme est devenue pour nos contemporains une référence et un soutien essentiels.
    La collection Ainsi parlait permet cette fois encore d'offrir une approche très nouvelle de l'oeuvre d'Etty en allant directement à l'essentiel de son message spirituel et en revenant au plus près du texte original. Etty y apparaît dans toute l'urgence et la spontanéité de son écriture, écrivaine toute débutante rassemblant dans des notes improvisées le matériau de ses futurs livres, quand la guerre serait finie.
    On trouve dans les 228 fragments ici recueillis dans l'ensemble de ses écrits et présentés en édition bilingue néerlandais-français toute la force et la liberté de pensée de cette jeune femme exceptionnelle, affrontée à l'extermination méthodique des siens. De nombreuses réflexions qui passent souvent inaperçues dans la masse des Journaux et des Lettres sont ici mises en relief dans un phrasé qui s'efforce de retrouver un peu la spontanéité et la flamme de cette voix passionnée.
    Ce qui frappe, c'est l'importance et la permanence de Rilke dans la méditation quotidienne d'Etty. Lorsqu'elle est à son tour internée au camp de Westerbork, c'est encore un livre de Rilke qu'elle emporte, avec la Bible et son dictionnaire de russe. Rilke est maître à écrire, autant que son maître de vie. C'est sur la place de Rilke dans la pensée d'Etty que se concentre ici la préface de Gérard Pfister, dans la droite ligne de celle qu'il a donnée en octobre dernier à sa traduction du Livre de la vie monastique, le livre de Rilke que cite le plus abondamment Etty.
    Rappelons que, dès 2007, les Éditions Arfuyen ont publié un ouvrage intitulé Etty Hillesum, «histoire de la fille qui ne savait pas s'agenouiller », présentant trois lectures parallèles de cette oeuvre : juive (Claude Vigée), chrétienne (Dominique Sterckx) et laïque (Charles Juliet).
    Cet ouvrage donnait aussi pour la première fois la parole à la famille d'Etty,?à travers le témoignage de notre cousine Liliane Hillesum, seule survivante de la famille de l'écrivaine. C'est à elle qu'est dédié le présent ouvrage.

  • Suarès est l'égal des plus grands écrivains du XXe siècle, mais qui connaît son oeuvre hormis les lettrés ?
    Déjà Gide s'étonnait que cette oeuvre, si vaste et si puissante, soit si peu lue : « Nos arrière-neveux s'étonneront du silence que notre époque a su garder ou faire autour de Suarès. » Mais Malraux le proclamait hautement : « Pour nous, au lendemain de la guerre, les trois grands écrivains français, c'étaient Claudel, Gide et Suarès. » L'oeuvre de Suarès, il faut le rappeler, est considérable : plus de 100 ouvrages, d'innombrables articles de revue, une monumentale correspondance avec les plus grands écrivains. Ses carnets inédits, conservés à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, ne comptent pas moins de vingt mille pages.
    Suarès, c'est, dès le premier abord, un style étincelant. Son écriture est incisive, dense, élégante, à l'image du latin des meilleurs auteurs ou du français d'un Pascal ou La Rochefoucauld. Musicien dans l'âme, amateur passionné de peinture et d'architecture italienne, il applique à sa prose une même exigence de clarté et d'harmonie.
    Mais c'est aussi et surtout une pensée d'une lucidité et d'une liberté incomparables. En cela digne descendant de Montaigne. Face aux tentations totalitaires, il ne transige jamais. Contre les vastes empires, il exalte le rayonnement des petites nations comme Athènes, Florence ou la France.
    Suarès ? Une sorte de Zweig français, excellant dans les portraits, les réflexions, les voyages - mais pétri de la lumière et des parfums de la Méditerranée.

  • En épigraphe de sa préface, Gérard Bocholier cite cette phrase révélatrice de Bernanos : « Qu'importe ma vie ! Je veux seulement qu'elle reste jusqu'au bout fidèle à l'enfant que je fus. » D'instinct Bernanos déteste les postes, les fonctions, les honneurs. Tout cela qui ne peut que nous tromper. Nous ne sommes pas faits pour ça.
    Vivre est une aventure, pas une boutique. Avant que l'argent ne prenne le pouvoir en toutes choses, les hommes le savaient bien : « C'étaient des gens qui savaient vivre, et s'ils sentaient un peu fort la pipe ou la prise, ils ne puaient pas la boutique, ils n'avaient pas ces têtes de boutiquiers, de sacristains, d'huissiers, des têtes qui ont l'air d'avoir poussé dans les caves. » Bernanos n'a pas de mots assez durs pour ceux qu'il nomme les « réalistes » ou les « cyniques », tous ceux qui apportent leur consentement ou leur soumission au « conformisme universel, anonyme ».
    Bernanos dénonce les ruses de ce type nouveau d'homme égoïste, logicien, hypocrite, ne vivant que pour le profit et la jouissance. D'où aussi, sur le fond, sa rupture avec Maurras, dont l'esprit lui paraît « abso-lument dépourvu, dépouillé, destitué de toute charité ».
    Polémiste, Bernanos ? Certes il admirait Bloy et sa plume était vive. Mais il détestait ce terme. Bien plutôt un « combattant de l'Esprit », n'écrivant que pour se justifier « aux yeux de l'enfant » qu'il fut et qui ne veut pas mourir « sans témoigner », qui va « jusqu'au bout du vrai, quels qu'en soient les risques ».

  • « Quelle vie doit-on mener ? La vie que l'on aime. J'aime écrire, j'aime le changement, j'aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. » Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu'elle a commencé de rédiger lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle tiendra jusqu'à sa mort.
    Et dans une lettre à Horace Walpole ce qu'elle écrit poursuit même interrogation : « Je pense parfois que seule l'autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi, rien d'autre. » C'est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d'autre. Qui l'effraie aussi : « La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. » Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi.
    Dans ses journaux, lettres, essais, il n'est rien dont Virginia Woolf ne fasse l'objet de son écriture.
    Car écrire, pour elle, c'est avant tout se libérer :
    « Le premier devoir de la femme écrivain, c'est de tuer l'Ange du Foyer » (Journal). Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf - Mrs Dalloway, Les Vagues etc. -, mais elle ne 'y trompait pas : c'est dans les écrits autobiogra- phiques que nous arrivons avec elle « au coeur » :
    Ce « coeur qui est vous ou moi, rien d'autre ».

  • « L'auteur doit être dans son oeuvre comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part. » C'est Flaubert qui écrivait cette phrase, dans une lettre de 1852. Et il est vrai que, dans ses grands textes littéraires, Flaubert a utilisé toutes les ressources de l'art le plus élaboré pour effacer autant qu'il le pouvait ses traces.
    On cite toujours le fameux « Madame Bovary, c'est moi ! » , mais Flaubert n'a jamais écrit ni dit cette phrase dans le sens où on la cite. Madame Bovary, voici tout au contraire ce qu'il en écrit : « Ce livre, tout en calcul et en ruses de style, n'est pas de mon sang, [...] c'est de ma part une chose voulue, factice. » Cet « art pour l'art » que Flaubert a théorisé, tout de volonté, d'intelligence et de paradoxes, n'est pas, il faut l'avouer, sans ennuyer parfois. Salammbô laisse à bien des lecteurs intrépides de fâcheux souvenirs...
    Mais là où Flaubert ne se cache nullement, là où tout au contraire il explose, il éructe, il jubile - et nous avec lui -, c'est dans cette autre partie de son oeuvre, que bien peu de gens lisent et où pourtant son génie éclate plus que nulle part ailleurs : dans ses lettres, ses notes, ses articles, ses journaux.
    Cette partie de son oeuvre, c'est beaucoup plus que l'ensemble des romans : mais comment la lire ?
    Par où commencer ? « La vie doit être une éducation incessante ; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu'à mourir. » C'est dans cet atelier secret que Flaubert est le plus passionnant, le plus moderne.
    C'est là qu'Yves Leclair s'est mis pour nous à l'écoute.

  • Qui était Léonard de Vinci ? Si le Da Vinci Code a concentré l'attention sur les énigmes de la fresque de La Cène, la personnalité de Léonard de Vinci lui-même est certainement pourtant ce qu'il y a plus énigmatique.
    Le plus grand peintre de toute l'histoire ? Oui, mais il n'a laissé que 20 peintures dont plusieurs encore inachevés ou d'attribution incertaine !
    Le plus grand ingénieur et inventeur de tous les temps ? Mais il n'a réalisé aucun de ses projets, et il n'en est en réalité aucun qui n'ait été conçu avant lui !
    Le plus grand érudit de la Renaissance ? Mais c'était un autodidacte qui ne connaissait ni le grec ni le latin et n'a cessé toute sa vie de combler ses lacunes !
    Le plus génial organisateur de fêtes, précurseur des Lully et Philippe Decouflé ? Assurément, on l'oublie trop, ce fut sa plus grande gloire, mais de ses grands auto- mates et ses décors fastueux il ne nous est rien resté !
    Alors, où est la vraie grandeur de Léonard ? François I er , qui le considérait comme un père, ne s'y est pas trompé : « Il n'y a jamais eu au monde homme si savant, non seulement sculpteur, peintre et architecte, mais surtout grand philosophe. » Nietzsche et Valéry ont vu en lui le modèle d'une pensée libre et lucide. Karl Jaspers lui a consacré tout un livre : Léonard de Vinci philosophe.
    Léonard n'a pas laissé de traité, mais 13000 pages de manuscrits et des fragments dont l'édition fait plus de 1000 pages. C'est de cet énorme ensemble que sont extraits ici les fragments de ce Léonard philosophe, présentés pour la première fois en édition bilingue.

  • Méconnu de son vivant, Charles Baudelaire aimait glacer, choquer, invectiver.

    Ce recueil de citations est l'occasion de le découvrir sous un jour nouveau. On retrouve l'écorché vif, l'aigri, qui vilipende tout : l'argent, les femmes, les journalistes, la politique, Dieu, la bêtise humaine, sa mère... Mais l'on discerne aussi grâce à sa correspondance un Baudelaire de tous les jours, tantôt pince-sans-rire, tantôt fantaisiste, toujours passionné. La vigueur et la puissance de sa plume ont fait de lui un poète résolument moderne.

  • « Partir, c'est risquer de revenir de tout».
    « Bambou : bouquet de pinceaux chinois ».
    « Embarcadère : la promesse de l'eau ».

    L'aphorisme, comme le voyage, est une ascèse. On se débarrasse du superflu, on se rapproche du coeur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et aussi la désillusion. Écrire, c'est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l'évangile du voyageur : « Aime le lointain comme toi-même. » Édition revue et enrichie par l'auteur, près de 100 aphorismes inédits

  • « En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit.
    En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis.
    En France, tout est permis, même ce qui est interdit.
    En URSS, tout est interdit, même ce qui est permis. » Winston Churchill (1874-1965) est resté dans les annales pour son rôle important durant la Seconde Guerre Mondiale, mais également pour ses réparties cinglantes et so british.

    Retrouvez plus de 300 citations cultes de cet homme politique, Prix Nobel de littérature et réputé pour sa verve légendaire !

  • Ce sont de tout petits livres avec des mots de Géants. Mots incisifs ou insolents, mots à retenir, mots croustillants. Un amuse-gueules qui reste longtemps en bouche et en mémoire. Car, au-delà de la formule, les citations donnent à penser et invitent le lecteur à en savoir plus sur celui ou celle qui les a prononcées.Entré dans l'Histoire par le Verbe, Charles de Gaulle fut aussi un écrivain prodigue et un homme de la parole. Ces citations illustrées, de façon souvent inattendue, nous plongent dans l'histoire de la France à travers le prisme du grand homme à l'humour ravageur. C'est sous un jour plus familier, plus libre, que se montre ici de Gaulle à travers des mots percutants, parfois cinglants ou provocateurs, souvent drôles..

  • "En lisant et relisant Oscar Wilde au cours des années, je me suis aperçu de quelque chose qui semble avoir échappé à tous ses admirateurs : Wilde a toujours raison. Oscar Wilde fait partie de ces écrivains privilégiés qui existent sans avoir besoin de l'approbation des critiques, ni même de celles des lecteurs. Le plaisir que nous tirons de sa compagnie est irrésistible et constant." (Jorge Luis Borges) Ces textes, qui constituent une sorte de bréviaire d'Oscar Wilde critique, sont présentés dans la traduction historique de Jules Cantel qu'avait autorisée l'auteur lui-même.

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