Art & Littérature

Art & Littérature
  • Narcisse etait jaloux

    Fabrice Chillet

    • Finitude
    • 4 Février 2021

    Léo, la trentaine, cultive consciencieusement son spleen de lettré velléitaire. Tel un Rastignac nonchalant, il est monté à Paris pour échapper à sa famille. Lorsque son meilleur ami, Paul, tombe amoureux de Julia, une jeune peintre prometteuse, Léo est jaloux.
    Peu à peu, il entre dans l'intimité de la jeune femme et se persuade qu'il est le seul à comprendre sa peinture, que Paul n'aura jamais la sensibilité suffisante pour la combler. Léo va s'employer à attirer l'attention de Julia afin de devenir son premier modèle.
    Dans ce marivaudage contemporain, Fabrice Chillet épingle le narcissisme actuel, qui se nourrit d'envie et de jalousie.

  • Lautrec, c'est la légende de Montmartre, le peintre du Moulin-Rouge, du Mirliton, celui qui immortalise Bruant, la Goulue, Jane Avril. Mais c'est aussi un petit homme foutraque, issu d'une famille de la haute noblesse de province, atteint d'une maladie génétique qui fragilise ses os et interrompt sa croissance. Fasciné par les cabarets, les bals, les bistrots, les théâtres et les prostituées, il peindra des hommes et des femmes toute sa vie, négligeant le paysage et la nature morte. Alcoolique, rongé par la syphilis, il meurt à trente-six ans en laissant une oeuvre foisonnante et inclassable.

    En mettant en scène l'obsession de Henri de Toulouse-Lautrec pour la peinture, celle qui montre les êtres humains dans ce qu'ils ont de plus brut et de plus vivant, Matthieu Mégevand s'éloigne des représentations habituelles pour dresser le portrait de l'artiste en voyant et de l'homme en possédé.

  • Amrita Sher-Gil est à l'Inde ce que Frida Kahlo est au Mexique. Artiste de génie, femme libre à la vie fabuleuse et tourmentée, elle a marqué l'histoire de la peinture indienne avant de disparaître brutalement à l'âge de vingt-huit ans.
    Lorsque Iris achète un de ses tableaux, elle se lance, fascinée par son destin, sur les traces de cette artiste audacieuse, mi-hongroise, mi-indienne, espérant retrouver dans cette quête le goût de peindre qui l'a quittée depuis des années. De subtils échos se répondent entre les deux femmes dont l'existence est étroitement liée à la création, à l'amour de la peinture et à ses ressorts secrets.
    Patricia Reznikov nous entraîne dans un roman où les couleurs de l'Inde coloniale, de Lahore à Simla, se mêlent à celles du Budapest d'avant la Première Guerre, du Paris des avant-gardes et de Florence. Elle redonne vie à une figure féminine bouleversante et hors norme, méconnue du grand public.

  • Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l'amour fait le récit d'une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Dans une Europe traversée par deux guerres s'impose la vision d'un artiste radical dont l'oeuvre entière, obsédée par le corps, résonne comme un cri. S'adressant à l'amant qui lui a servi de modèle - ce « petit voleur inexpérimenté » qui, en pleine nuit, s'est introduit dans son atelier -, le narrateur retrace les errances de leur relation tumultueuse. Avec ce roman, rappelant l'érotisme de Bataille ou de Leiris, Larry Tremblay poursuit son oeuvre de mise à nu de l'être humain.
    Il ne fallait pas peindre la surface des choses, mais ce qu'elle cachait. Ne pas peindre l'espace, mais le temps. Ne pas peindre ton corps, mais sa mort.

  • Azul

    Antonio Da Silva

    Et s'il était possible d'entrer dans les tableaux ? De ne plus faire qu'un avec eux ? D'avoir la possibilité d'y évoluer et d'y rencontrer d'autres personnes ? Et même y tomber amoureux... Miguel a ce pouvoir Et ce qu'il adore, c'est apporter des légères améliorations aux oeuvres des plus grands maîtres Mais ce jeu peut s'avérer dangereux surtout lorsque l'on attire l'attention de la Protection des oeuvres dont les méthodes sont expéditives Un jeu qui va se transformer en chasse à l'homme...

  • Paul Vivienne a tout vendu. Le commissaire-priseur a dispersé des palais entiers, des bols en argent, des vieux machins que l'on fait briller depuis des siècles. Aujourd'hui, la partie lui échappe. Il ne maîtrise ni les réseaux sociaux ni les enchères en ligne. Paul Vivienne rejoint ses ombres. Jusqu'à ce qu'il découvre un mystérieux retable au fin fond d'une chapelle toscane. Vivienne le désabusé a une épiphanie : il tient son dernier coup.
    Un tableau d'église, vraiment ? A l'heure où l'on s'arrache les Koons et les Basquiat ? Pour s'offrir une dernière gloire, ou peut-être pour séduire la redoutable experte à ses côtés, il lui faut à tout prix identifier ce maître inconnu de la Renaissance. Alors que l'obsession dévore Vivienne, le tableau prend son indépendance.

  • Décembre 1916. Dans la pénombre d'un escalier, Jeanne Hébuterne tombe amoureuse d'Amedeo Modigliani. Elle peint modestement, lui est un artiste maudit. Elle vit encore dans le cocon familial, il mène une existence dissolue entre son atelier, les cafés parisiens et les prostituées. Elle abandonne tout pour le suivre. La passion les emporte. Incandescente, destructrice. Jusqu'à la folie...

  • Lautrec, c'est la légende de Montmartre, le peintre du Moulin Rouge. Mais c'est aussi un petit homme foutraque, issu d'une famille de la haute noblesse de province, atteint d'une maladie génétique qui interrompt sa croissance. Fasciné par les cabarets, les théâtres et les prostituées, il peindra des hommes et des femmes toute sa vie. Alcoolique, rongé par la syphilis, il meurt à trente-six ans en laissant une oeuvre foisonnante et inclassable.
    En mettant en scène l'obsession d'Henri de Toulouse-Lautrec pour la peinture, celle qui montre les êtres humains dans ce qu'ils ont de plus brut et de plus vivant, Matthieu Mégevand s'éloigne des représentations habituelles pour dresser le portrait de l'artiste en voyant, et de l'homme en possédé.

  • « Raconter Vivian Maier, c'est raconter la vie d'une invisible, d'une effacée. Une photographe de génie qui n'a pas vu la plupart de ses propres photos. » Disparue dans la solitude et l'anonymat, Vivian Maier, Américaine d'origine française, a arpenté inlassablement les rues de New York et de Chicago pour photographier, avec une profonde sensibilité, les plus démunis, les marginaux, ceux qui, comme elle, ont été oubliés par le rêve américain.
    Dix ans après sa mort, Gaëlle Josse nous livre le roman d'une vie, un portrait d'une rare empathie, d'une rare acuité sur ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

  • 3e texte de la collection "Récits d'objets", en coédition avec le musée des Confluences. A partir d'une machine à chiffrer (semblable à celle utilisée par les nazis pour crypter leurs échanges finalement décodés entre autres par Alan Turing) reçue par erreur par une jeune femme se retrouvant missionnée par de hautes instances internationales, Céline Curiol bâtit un facétieux roman noir en même temps qu'une réflexion sur la place des secrets, fortement menacés dans la société contemporaine incitant au dévoilement permanent.

  • « À force de vouloir m'abriter en toi, j'ai perdu de vue que c'était toi, l'orage. Que c'est de toi que j'aurais dû vouloir m'abriter.
    Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? ».
    Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d'inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila. Elle aime participer à des manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment et se rendre dans des fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
    Par-dessus tout, Frida aime Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

  • « Poésie/Gallimard » est une collection au format poche de recueils poétiques français ou traduits. Chaque volume rassemble des textes déjà parus en édition courante - tantôt du catalogue Gallimard, tantôt du fonds d'autres éditeurs -, souvent enrichis d'une préface et d'un dossier documentaire inédits. Élégant viatique pour les amateurs de poésie, la collection offre des éditions de référence, pratiques et bon marché, pour les étudiants en lettres. Aujourd'hui dirigée par André Velter, poète, voyageur et animateur de plusieurs émissions sur France Culture, la collection reste fidèle à sa triple vocation : édition commentée des « classiques », sensibilité à la création francophone contemporaine (Guy Goffette, Ghérasim Luca, Gérard Macé, Gaston Miron, Valère Novarina...) et ouverture à de nombreux domaines linguistiques (le Palestinien Mahmoud Darwich, le Libanais d'origine syrienne Adonis, le Tchèque Vladimír Holan, le Finnois Pentti Holappa, le Suédois Tomas Tranströmer et récemment l'Italien Mario Luzi, deux mois seulement après sa disparition...).

  • Pietra viva

    Léonor de Récondo

    Michelangelo s'est réfugié dans les carrières de Carrare. Loin de Rome et du corps mort d'Andrea, moine dont la beauté le fascinait. En ce printemps 1505, le célèbre artiste doit choisir les marbres du futur tombeau du pape. Arrogant et tourmenté, il s'étourdit de travail. Au fil des jours et des rencontres, le sculpteur comprend que toutes les réponses ne se trouvent pas au coeur de la pierre...

  • Miss Austen

    Gill Hornby

    « Maintenant que le moment approchait, elle sentait flancher sa résolution. Elle s'empara des lettres de Jane. N'aurait-elle pas dû éprouver une profonde joie à l'idée de renouer avec sa soeur quelques heures durant ? Et pourtant, cette perspective la faisait frémir. Elle se laissa lourdement choir contre le coussin trop dur. Cela aurait été tellement plus simple de s'en tenir au présent pour les années qui lui restaient à vivre, sans se replonger dans le passé. ».

    En 1840, plus de vingt ans après la mort de Jane Austen, sa soeur, Cassandra, retourne dans le village de Kintbury pour séjourner chez Elizabeth Fowle, une amie de la famille. Elle sait que la correspondance d'Elizabeth, cachée dans un recoin du presbytère, contient de nombreuses lettres de Jane et probablement des secrets de famille qu'elle veut à tout prix protéger. Tout en se remémorant sa jeunesse et ses relations avec sa soeur adorée, elle isole les lettres les plus intimes. Elle se trouve alors devant un choix difficile : les détruire pour protéger la réputation de Jane, ou bien permettre à la postérité de savourer l'esprit brillant et acéré d'une autrice disparue trop jeune.

    Inspiré par un mystère littéraire qui a longtemps intrigué les biographes et les universitaires, Miss Austen est un roman original, intense et complexe, sur les amours et la vie de Cassandra et Jane Austen.

  • Étudiante au prestigieux Institut supérieur de peinture de Bruxelles, Paula rencontre Jonas, jeune peintre surdoué et énigmatique, et Kate, une Écossaise débrouillarde et impulsive. Des liens indéfectibles se tissent au sein du trio à mesure qu'ils se forment à l'imitation des matières. Donner l'illusion d'une essence de bois, de l'usure d'un marbre, d'un heurt sur une écaille de tortue, nécessite minutie, technicité, mais aussi quelque chose d'autre. Paula doit comprendre ce qu'elle peint. Mais comment cette fille d'une vingtaine d'années seulement pourrait-elle appréhender l'ampleur de ce qui a traversé les siècles ?Sa jeunesse se passe, rythmée par les coups de pinceau, le travail acharné, les nuits blanches et muscles endoloris, les soirées alcoolisées. Son diplôme obtenu, Paula continue d'exercer son art, à Paris, puis à Moscou et surtout en Italie, sur les décors de grands films, des fabriques à rêves. Le trio se sépare, Paula fait de nouvelles rencontres, se libère, s'égare, vit sa vie, à la mesure de chantiers toujours infiniment plus grands qu'elle, et qu'elle s'efforce de saisir d'un geste de la main.

  • « On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. » Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger. Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.

  • Après La bonne vie sur le poète Roger-Gilbert Lecomte et Lautrec, sur le peintre, Tout ce qui est beau vient clore avec Mozart une trilogie intitulée « créer-détruire » sur ces trois artistes incandescents morts en pleine fleur de l'âge.
    « Vous savez bien que je ne cherche rien d'autre, dit-il enfin. Ma musique, des boutons, un habit... c'est la même chose... tout ce qui est bon, véritable et beau... le reste... rien... » Toute sa courte vie durant, de l'enfant prodige qu'il a été jusqu'à sa mort prématurée, Wolfgang Gottlieb Mozart de son vrai nom - et de grâce divine il sera question - n'aura eu de cesse de « dire » par la musique. Avec ce dernier opus, Matthieu Mégevand réussit le tour de force de « capturer » Mozart en si peu de pages, de nous le faire « entendre » en littérature.

  • Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l'intérieur », Leïla Slimani n'aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d'une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d'art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?

    Autour de cette « impossibilité » d'un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d'elle, de l'enfermement, du mouvement, du voyage, de l'intimité, de l'identité, de l'entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s'enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.

    C'est une confession discrète, où l'auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c'est une confession pudique, qui n'appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c'est jouer avec le silence, c'est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».

    C'est aussi un livre, intense, éclairé de l'intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l'urgence d'en jouir, la splendeur de l'éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c'est ça aussi, sans doute, c'est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l'auteure, réveillée et consciente, sort de l'édifice comme d'un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

  • Sur la mort de Vincent Van Gogh tout a été écrit. Sur celle de son frère Théo, terrassé par le chagrin, des litres d'encre ont été aussi déversés. Mais personne n'a évoqué ce qu'il advint de Johanna Van Gogh-Bonger, épouse de Théo, qui vécut un double veuvage tant le lien entre les deux frères était fort. Après la disparition de son mari dans un hôpital psychiatrique d'Utrecht, la jeune femme décide d'ouvrir, à quelques kilomètres d'Amsterdam, une auberge qui lui permettrait, à elle et à son bébé de un an, de survivre. C'est là qu'elle réunit les lettres de Vincent, qu'elle accroche aux murs ses toiles.
    Nous sommes en 1891 et certains voyageurs de cette fin de siècle s'arrêtent volontiers dans l'agréable demeure. Déconcertés, ils regardent ces tableaux aux couleurs inattendues qui jusque-là n'ont pas trouvé d'acquéreur, ni à Arles ni à Paris. Des tableaux dédaignés et même voués par certains au bûcher tant ils paraissent « démoniaques ». Cette exposition loin du monde des critiques prétentieux et pontifiants permettra au peintre de connaître enfin une gloire posthume.
    Une histoire méconnue et passionnante qui brosse, entre documentaire et fiction, le portrait d'une femme hors norme dont la détermination a changé la face de l'art contemporain...

  • Les grands textes du XIXe siècle.

    « L'expression était d'une cruauté atroce. Là, son âme même, émergeant de la toile, le dévisageait et l'appelait à son tribunal. » Devant son portrait, oeuvre d'un de ses amis, Dorian Gray, jeune homme d'une immense fortune et d'une exceptionnelle beauté, fait le voeu de rester tel qu'il est peint, tandis que son image vieillira à sa place. Exaucé par une intervention magique et fatale, Dorian cède alors à tous ses caprices et à toutes ses folies. Dans les quartiers élégants de Londres et les bouges du port, sous le masque de sa beauté intacte, il mène une vie de débauche et de crime. Esthète, monstre, dandy, il a décidé de faire de sa vie une oeuvre d'art. Une vie qui ressemble à celle d'Oscar Wilde, que la société victorienne lui fit payer en le condamnant aux travaux forcés...

    @ Disponible chez 12-21.
    L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE.

  • « Paul, Berthe et Jeanne : je suis issue d'une triple histoire d'amour. Un homme, peintre célèbre, deux femmes et une enfant illégitime - ma grand-mère. Cette histoire m'a été racontée depuis mon enfance. Mais j'ai voulu savoir ce qui s'était vraiment passé. Les faits bruts, je les connaissais. En 1912, Paul Signac quitte sa femme Berthe pour une amie du couple, l'artiste Jeanne Desgrange. Pour lui, celle-ci divorce et abandonne ses enfants. Paul, de son côté, ne divorcera jamais, et parviendra à faire adopter par Berthe l'enfant qu'il aura de Jeanne. Quelle était la nature de cet amour, si vertigineux, qui leur a permis de repousser l'égoïsme, la souffrance, le doute, pour tenir bon, à trois ? » Ch. H.

    D'une écriture élégante, sans concession, Charlotte Hellman nous plonge dans la vie amoureuse et dans l'ardeur créatrice du grand peintre qu'était Paul Signac, un homme travailleur, sportif, passionné, engagé politiquement et artistiquement aux côtés des avant-gardes, ami de Van Gogh, Monet, Seurat, Fénéon, Bonnard... La fin de siècle, la Première Guerre mondiale et sa tragédie, l'effervescence artistique de l'époque forment la toile de fond de cette histoire d'amour et de tolérance. Les interrogations de l'autrice permettent de déployer le destin de ces trois êtres, en s'appuyant sur les souvenirs familiaux mais aussi sur une abondante correspondance.
    Fascinante immersion dans l'intimité d'un homme et de deux femmes hors normes, qui surent conquérir leur liberté face aux rigidités de leur temps. Trois êtres étincelants, résolument modernes.

  • Leçon de Ténèbres : « Genre musical français du XVIIe qui accompagne les offices des ténèbres pour voix et basse continue. Se jouait donc la nuit à l'Église, les jeudi, vendredi et samedi saints. ».

    Le Musée Greco à Tolède n'est certes pas une Église, et Léonor de Recondo, quoique violoniste, n'y va pas pour jouer, dans cette nuit affolante de chaleur, de désir rentré, de beauté fulgurante, mais pour rencontrer, enfin, le peintre qu'elle admire, Dominikos Theotokopoulos, dit le Greco, l'un des artistes les plus originaux du XVIe siècle, le fondateur de l'école Espagnole.

    Oui, Léonor doit le rencontrer et passer une nuit entière avec lui, dans ce musée surchauffée et ombreux, qui fut sa maison. Le Greco doit quitter sa Candie, natale, en Crète et traverser Venise, Rome et Madrid, où il fut de ces peintres-errants, au service de l'Église et des puissants du temps. Mais Le Greco est mort en 1614 à Tolède. Viendra-t-il au rendez-vous ?

  • D'une capitale l'autre, de villégiature huppée en ville d'eau, Marie Bashkirtseff, jeune peintre russe d'une grande beauté, tente de vivre, d'aimer, de laisser une oeuvre à la postérité. Paradoxalement, c'est son journal intime qui fera d'elle une des figures les plus touchantes de la Belle Epoque.
    Jamais une vie ne fut vécue avec plus de fièvre, plus de soif de vivre, écrivait Hugo von Hofmannsthal. Elle a le grand don de l'expérience, cette sensibilité vigoureuse et délicate à la séduction extérieure, par où l'enfant et l'artiste se rencontrent. Ses nerfs sans emploi répondent avec plus de vivacité, de force et d'originalité à chaque impulsion ; son âme souple et séduisante s'enflamme et brille, mais elle se brûle à sa propre flamme et à vingt-quatre ans, elle s'est consumée.

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