De l'art dans votre poche

Cet été, mettez de l'art dans votre poche...
  • Depuis la plus tendre enfance, Raymond Loewy rêve de locomotives, d'automobiles, de navires. Âgé de quinze ans, « il donne son coeur à douze magnifiques créatures » : ce sont douze locomotives d'un entrepôt du P.L.M.
    Il quitte l'Europe pour New York entre les deux guerres.
    Ses premières impressions, nous les trouvons dans ce livre écrit trente ans plus tard. « On fabriquait à tort et à travers ascenseurs, moulins à café, grues mécaniques, etc., avec pour seule préoccupation que "ça marche". Quand vint l'ère de la production en masse, le pays fut inondé de produits souvent de bonne qualité, mais disgracieux et coûteux. » Raymond Loewy, d'abord étalagiste, crée bientôt une profession : celle d'« esthéticien industriel », et entreprend une croisade contre la laideur, le bruit, l'encombrement, le gâchis en matières premières et en main-d'oeuvre.
    Son principe ? Donner à toute chose une apparence parfaite liée à un fonctionnement parfait. Son idée fixe ? L'harmonie, qu'il s'agisse d'une locomotive, du mariage, d'une boîte de conserve ou des rapports humains.

  • Controverses, polémiques, voire débats virulents opposent les défenseurs et les détracteurs de la création artistique d'aujourd'hui.
    S'interroger sur les normes d'évaluation et d'appréciation esthétiques qui permettent de porter un jugement sur les oeuvres d'art est une question pertinente ; elle rejoint les réactions du grand public, souvent perplexe et désorienté devant des oeuvres qu'il ne comprend pas.
    Que les critères artistiques des XVIIIe et XIXe siècles ne soient plus valides n'a rien d'étonnant : la modernité artistique du XXe siècle s'est chargée de disqualifier les catégories esthétiques traditionnelles. La question posée par l'art depuis une trentaine d'années est celle de l'inadéquation des concepts - art, oeuvre, artiste, etc. - à des réalités qui, apparemment, ne leur correspondent plus. Or, paradoxalement, c'est sur le thème de la décadence de l'art contemporain que se centre la polémique, en France comme en Europe, depuis des années.
    Est-il possible de redéfinir les conditions d'exercice du jugement esthétique vis-à-vis des oeuvres contemporaines ? À supposer même que celles-ci soient «n'importe quoi», peut-on tenir sur elles un disocurs argumenté et critique ?

  • Quelle est la fonction de la peinture contemporaine ? quels sont les rapports qu'elle entretient avec la musique, la poésie, les mathématiques, la biologie ?
    Quels sont les pouvoirs de la ligne, de l'espace, de la forme, de la couleur et comment expriment-ils notre conscience nouvelle de nous-mêmes et de l'univers ?
    Telles sont les questions fondamentales auxquelles klee apporte une réponse dans théorie de l'art moderne.
    Ce livre groupe pour la première fois l'ensemble des textes théoriques parus du vivant de l'artiste, dont les célèbres esquisses pédagogiques; il ouvre au lecteur le chemin de la création picturale.
    Il a, dans notre siècle, une importance égale à celle des carnets de vinci pour l'art et la pensée de la renaissance.

  • Qu'est-ce que l'art moderne?

    Denys Riout

    • Folio
    • 3 Novembre 2000

    L'art contemporain est l'objet d'une querelle : face à ce qui apparaît comme une « balkanisation » du champ artistique où il n'est jusqu'à la notion d'oeuvre d'art qui ne se dissolve, les uns chantent la liberté retrouvée, les autres dénoncent le règne du n'importe quoi.
    L'ouvrage de Denys Riout se propose d'aider ses lecteurs non pas à juger a priori, mais à comprendre comment on en est arrivé là. Il retrace, sur le mode thématique et chronologique, ce que fut le XXe siècle artistique, insistant notamment sur les grands mouvements - avant-gardes, manifestes, écoles - qui ont jeté, sous le nom d'art moderne, les soubassements de la situation actuelle de l'art. Par-là, il éclaire les grandes spécificités de l'art contemporain : comment s'est imposée la notion d'« arts plastiques » et l'oeuvre d'art a cessé d'être peinture ou sculpture pour se faire uniquement vidéo, photographie, performance ou exhibition du corps de l'artiste ; pourquoi les critères d'évaluation sont bouleversés, le rôle du commentaire critique devient constitutif de l'oeuvre, et l'artiste ne s'autorise plus que de lui-même pour décider ce qui est art et ce qui ne l'est pas.
    Si chacun demeure libre de porter un jugement, il dispose désormais avec cet ouvrage des éléments nécessaires pour le faire.

  • Qu'est-ce que l'art abstrait ? On connaît, croit-on, la réponse : c'est le non-figuratif et il naît du côté de Kandinsky vers 1913.
    La réalité, pourtant, est autre. D'abord, parce que le débat sur l'abstraction est antérieur à l'émergence de l'art abstrait. Nourri par les arguments pour ou contre le fauvisme, le terme, qui circule dans les acceptions les plus diverses, de Cézanne à Derain, de Matisse à Braque, de Van Gogh à Kandinsky, renvoie à d'autres domaines, où il a surgi : la philosophie, l'esthétique, les sciences physiques ou bien encore l'optique physiologique.
    Étudier au plus près des oeuvres et des écrits des peintres comme de la réception critique, la migration du terme et les significations nouvelles dont il se charge, permet à Georges Roque de saisir l'art abstrait sous une lumière tout à fait autre. Dépassant les deux écoles très historiques dans leur approche (l'esthétique ou formaliste : en épurant les couleurs, les peintres ont atteint l'abstraction ; la spiritualiste ou absolutiste : en devenant visionnaires, les peintres ont atteint l'essence), il révèle l'abstraction comme une grammaire de la ligne et de la couleur, dont il nous permet de redécouvrir la fraîcheur des signes.

  • John Dewey (1859-1952) est un des piliers du « pragmatisme ». Au centre de cette tradition, il y a l'enquête, c'est-à-dire la conviction qu'aucune question n'est a priori étrangère à la discussion et à la justification rationnelle.
    Dewey a porté cette notion d'enquête le plus loin : à ses yeux, il n'y a pas de différence essentielle entre les questions que posent les choix éthiques, moraux ou esthétiques et celles qui ont une signification et une portée plus directement cognitives. Aussi aborde-t-il les questions morales et esthétiques dans un esprit d'expérimentation - ce qui tranche considérablement avec la manière dont la philosophie les aborde d'ordinaire, privilégiant soit la subjectivité et la vie morale, soit les conditions sociales et institutionnelles.
    Dans L'art comme expérience, la préoccupation de Dewey est l'éducation de l'homme ordinaire. Il développe une vision de l'art en société démocratique, qui libère quiconque des mythes intimidants qui font obstacles à l'expérience artistique.

  • En dépit de la prolifération des publications dont le paysage fait l'objet depuis une quarantaine d'années, nous manquons d'un véritable traité théorique et systématique. Le livre d'Alain Roger comble ce vide.
    L'auteur s'attache à exposer, dans une langue accessible au plus large public, les principales questions que soulève, aujourd'hui, la notion, si maltraitée, de «paysage». On trouvera donc ici une histoire du paysage occidental - Campagne, Montagne, Mer -, ainsi qu'une réflexion sur les débats qui divisent actuellement les spécialistes : quels sont les rapports du paysage et de l'environnement? Qu'en est-il de cette mort annoncée du paysage? Quelle politique convient-il de mener dans ce domaine?
    L'ouvrage est engagé. Il dit son refus de tous les conservatismes. Il se veut aussi ludique - le paysage peut-il être érotique? - et, surtout, optimiste. L'hommage aux artistes qui, siècle après siècle, ont inventé nos paysages se double d'une confiance fervente en tous ceux qui poursuivront cette aventure esthétique, à condition que nous ne restions pas prisonniers d'une conception frileuse et patrimoniale du paysage.

  • « Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession. » Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXe siècle.

  • "qu'avaient vu, jusqu'en 1900, ceux dont les réflexions sur l'art demeurent pour nous révélatrices ou significatives, et dont nous supposons qu'ils parlent des mêmes oeuvres que nous (...
    )oe deux ou trois grands musées, et les photos, gravures ou copies d'une faible partie des chefs-d'oeuvre de l'europe. [...] aujourd'hui, un étudiant dispose de la reproduction en couleurs de la plupart des oeuvres magistrales, découvre nombre de peintures secondaires, les arts archaïques, les sculptures indienne, chinoise, japonaise et précolombienne des hautes époques, une partie de l'art byzantin, les fresques romanes, les arts sauvages et populaires.
    (...) nous disposons de plus d'oeuvres significatives, pour suppléer aux défaillances de notre mémoire, que n'en pourrait contenir le plus grand musée. car un musée imaginaire s'est ouvert, qui va pousser à l'extrême l'incomplète confrontation imposée par les vrais musées: répondant à l'appel de ceux-ci, les arts plastiques ont inventé leur imprimerie".

  • De l'art égyptien à l'architecture de la Renaissance, en passant par le mobilier Louis XV et le style pop, La Caractéristique des styles est à la fois le manuel d'initiation et le dictionnaire des arts décoratifs de générations d'élèves, d'étudiants ou de simples amateurs.
    La juxtaposition systématique de l'illustration et d'un texte concis garantit une identification claire et rapide des formes et, de chapitre en chapitre, des styles successifs à l'honneur en France et en Europe.
    Un guide indispensable.

  • Avec l'enthousiasme, l'audace et l'érudition qui ont fait le succès d'On n'y voit rien, Daniel Arasse invite son lecteur à une traversée de l'histoire de la peinture sur six siècles, depuis l'invention de la perspective jusqu'à la disparition de la figure.
    Évoquant de grandes problématiques - la perspective, l'Annonciation, le statut du détail, les heurs et malheurs de l'anachronisme, la restauration et les conditions de visibilité et d'exposition - mais aussi des peintres ou des tableaux précis, il fait revivre avec perspicacité et ferveur plusieurs moments clés, comme Léonard de Vinci, Michel-Ange, le maniérisme, ou encore Vermeer, Ingres, Manet. Son analyse se nourrit constamment d'exemples concrets - La Madone Sixtine de Raphaël, La Joconde, la Chambre des époux, de Mantegna, Le Verrou de Fragonard... - avant de conclure sur quelques aspects de l'art contemporain.
    Le lecteur retrouvera le goût de mieux voir de grands épisodes de la peinture, grâce à une approche sensible et ouverte. Toujours il sera surpris, réveillé, entraîné dans un véritable enchantement d'intelligence et d'humour.
    Ce livre est la transcription de vingt-cinq émissions proposées par l'auteur sur France Culture pendant l'été 2003.

  • Ce recueil est largement inspiré, dans sa composition, de Meaning in the Visual Arts (1957) dont l'auteur avait souhaité une adaptation au public français.
    «L'histoire de l'art est une discipline humaniste» définit les trois niveaux de signification d'une oeuvre et leur donne pour principe de contrôle une histoire des styles, des types et des symboles ; «L'histoire de la théorie des proportions humaines», conçue comme un miroir de l'histoire des styles, applique la méthode à l'analyse d'un schème structural particulier.
    «Artiste, savant, génie» (1962) peut apparaître comme la dernière synthèse de la pensée de l'auteur sur la Renaissance. Tandis que des deux articles qui le suivent, l'un, «Le premier feuillet du Libro de Vasari», montre la façon dont cette époque, la Renaissance, a pris conscience d'un style, le gothique, qu'elle tenait pour extérieur à elle-même, l'autre, «Deux projets de façade par Beccafumi», est, sur le maniérisme dans l'architecture du XVIe siècle, une discussion sur les principes qui, aujourd'hui, permettent de caractériser un style.
    Les trois derniers essais, «Dürer et l'Antiquité», «L'allégorie de la Prudence chez Titien» et la merveilleuse étude sur Poussin et la tradition élégiaque, "«Et in arcadia Ego», offrent, parvenus à leur point de perfection, les chefs-d'oeuvre de l'interprétation iconographique.

  • Le monochrome - le carré blanc sur fond blanc - est un objet ambigu.
    Représentation d'une absence de représentation, il est l'invisible rendu visible. Il semble donner accès à la quintessence de la vérité picturale : une icône.
    Mélancolique, il fait apparaître la dérision d'une peinture malade et à bout de souffle : les humoristes rient de ces tableaux qui représentent des jeunes filles chlorotiques sur fond de neige... Entre l'absolu et le nihilisme, le genre déploie ses possibilités immenses et paradoxales : couleurs, tailles, matières font la richesse du monochrome.
    Denys Riout cartographie ce territoire en procédant non pas chronologiquement mais logiquement : en remontant d'Yves Klein jusqu'aux précurseurs ironiques du XIXe siècle, il montre que l'image n'est pas l'autre du discours, mais un mode d'existence du savoir.

  • La légitimité culturelle et artistique de la photographie est récente. Longtemps tenue pour un simple outil dont on se sert, elle est désormais, dans les galeries et musées, contemplée pour elle-même.
    Apparue avec l'essor des métropoles et de l'économie monétaire, l'industrialisation et la démocratie, elle fut d'abord l'image de la société marchande, la mieux à même de la documenter et d'actualiser ses valeurs. Mais si elle convenait à la société industrielle moderne, elle répond aujourd'hui difficilement aux besoins d'une société informationnelle, fondée sur les réseaux numériques.
    La photographie est donc l'objet de ce livre : dans sa pluralité et ses devenirs, du document à l'art contemporain ; dans son historicité, depuis son apparition, au milieu du XIXe siècle, jusqu'à l'alliage présent «Art-photographie» qui conduit André Rouillé à distinguer «l'art des photographes» de «la photographie des artistes».

  • L'art a l'etat gazeux

    Yves Michaud

    • Pluriel
    • 19 Avril 2011

    Cet essai s'articule sur un paradoxe : le monde actuel est régi par l'esthétique, le cosmétique alors qu'il n'existe plus d'oeuvre d'art dans le sens fort du terme. L'auteur constate la fin du régime traditionnel de l'art au profit d'oeuvres à sensation aux repères et à l'identité éphémères.

  • C'est la guerre. Une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s'intensifie depuis qu'elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d'extraire de la valeur. S'ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d'éblouissement et qui, pas plus que l'éclair, ne se laisse assujettir.
    Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d'un certain art contemporain, à l'origine d'une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Car beauté et laideur constituent des enjeux politiques. Dans sa quête éperdue de Ce qui n'a pas de prix, Annie Le Brun se livre à une impitoyable critique des mécanismes par lesquels la violence de l'argent travaille à asservir notre vie sensible.

  • Le roman des Rouart

    David Haziot

    • Pluriel
    • 21 Octobre 2020

    Une biographie de la famille Rouart, qui fut au coeur de la vie artistique et culturelle du pays de 1870 à nos jours. On y croise Degas, Manet, Berthe Morisot, Mallarmé, Renoir, Gide, Chausson, Paul Valéry, Maurice Denis...
    Henri Rouart a deux vocations. Polytechnicien en 1855, ingénieur et industriel, il est également fou de peinture. Il a comme maîtres Corot et Millet, et peint dans ses loisirs, exposant au Salon à plusieurs reprises. Mobilisé en 1870, il retrouve un vieux camarade du lycée Louis-le-Grand, perdu de vue depuis 17 ans, le peintre Degas.
    Une amitié profonde naît aussitôt et une histoire extraordinaire commence pour la famille Rouart qui va se trouver au coeur de tous les mouvements artistiques et littéraires français de l'époque. Par le jeu des mariages et des amitiés, la famille compte dans ses rangs ou dans ses intimes Degas, Manet, Berthe Morisot, Mallarmé, Renoir, Gide, Chausson, Debussy, Paul Valéry, Maurice Denis... Mais les Rouart s'adonnent aussi avec talent à la peinture comme Henri, Ernest, Julie, Augustin, ou à la littérature comme Eugène, Louis et Jean-Marie. Henri réunit une fabuleuse collection de tableaux, tandis qu'Alexis et Paul éditent les musiciens de la riche école française du début du XXe siècle.
    Scandée par les grandes secousses historiques, étayée par des analyses des oeuvres des uns et des autres, riche en portraits d'hommes et de femmes peu ordinaires par leur passion, leur démesure et leur destinée parfois tragique, l'aventure des Rouart se déroule ici comme un roman.

  • Anne Delbée Une femme Nom : Claudel Prénom : Camille Sculpteur Née le : 8 décembre 1864 Frère : Paul Claudel Amant : Auguste Rodin Compagnon : Claude Debussy Trente ans de création Trente ans d'asile Pour la première fois, un livre nous révèle la vie extraordinaire de Camille Claudel.
    à la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or Camille se lance dans l'aventure à corps perdu. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. Le Maître accepte de la prendre comme élève ; bientôt il deviendra son amant. Suivent quinze années d'une liaison passionnée et orageuse d'où Camille sortira épuisée, vaincue...
    Elle mourra en 1943 à l'asile de Montdevergues, après un terrible internement qui aura duré trente ans, laissant au jugement de la postérité une oeuvre considérable, d'une rare puissance et d'une originalité visionnaire.

    Une femme a obtenu le Grand Prix 1983 des lectrices de Elle.

  • Quand Nicolas de Staël (1914-1955) se donna la mort à 41 ans, il laissait plus de 1000 tableaux, autant de dessins et l'énigme d'une vie menée au galop.

    Une biographie qui se lit comme un reportage et qui passionnera tous les amateurs de peinture contemporaine.

  • Avec Bacon

    Franck Maubert

    « Il n'est que dix heures du matin. Il dégoupille le muselet de métal et fait sauter le bouchon. Le rire quasi continu de Bacon, sa bonne humeur tranchent avec le désespoir que dégagent ses tableaux. Je saisis qu'il y a un sens aigu du tragique en lui, mêlé au comique, comme chez Shakespeare, un autre de ses auteurs de chevet. Est-il ce Dr Jekyll et Mr Hyde ? »

  • Qui a pu être assez fou pour avoir eu, un jour, l'idée de faire de la musique avec de l'électricité ? Et comment est-ce possible d'ailleurs ?
    Qui se cache derrière ces instruments loufoques, ancêtres des pianos numériques actuels, ces immenses orgues criblés de fils électriques ou ces claviers surréalistes aux notes futuristes, dont les noms insensés - télégraphe harmonique, théâtrophone, Telharmonium, Audion Piano, Ondes Musicales, Orgue B3, Clavivox ou Polymoog - disent déjà la folie ?
    Des amoureux du son, très certainement, mais surtout d'immenses inventeurs. Ils s'appellent Edison, Cahill, Martenot, Mathews, Moog ou encore Zinovieff et Kakehashi, ils sont américains, anglais, français, russes ou japonais, et ils ont en commun un esprit insatiablement curieux et créatif, un amour des circuits électriques et des notes harmoniques, et une vision révolutionnaire de la musique. Ils vont changer le visage du son en nous faisant passer, en près d'un siècle et demi, du piano acoustique aux bijoux technologiques d'aujourd'hui.
    De 1870 à nos jours et du premier microphone au dernier synthétiseur, de l'ampoule aux écrans plats, Laurent de Wilde nous emporte dans la formidable épopée du son en retraçant les incroyables destins de ces magiciens. A travers cette galerie de portraits truculents, c'est toute l'histoire du XX e siècle que l'on revit au rythme des avancées de la modernité et de leurs milliers d'inventions (de la radio à Internet, du phonographe au microprocesseur), à mesure que l'on plonge dans l'univers impitoyable de la musique, où la course aux brevets et la concurrence font rage.

  • Fabienne Verdier
    Passagère du silence

    Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 1980, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l'insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l'administration. Dans un oubli total de l'Occident, elle devient l'élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l'initient aux secrets et aux codes d'un enseignement millénaire.
    De cette expérience unique sont nés un vrai récit d'aventures et une oeuvre personnelle fascinante, qui marie l'inspiration orientale à l'art contemporain, et dont témoigne son extraordinaire livre d'art L'Unique Trait de pinceau (Albin Michel).

  • Publié en 1926 durant l'époque où Kandinsky est professeur au Bauhaus, Point et ligne sur plan est la suite organique de Du spirituel dans l'art. Après la théorie des couleurs, Kandinsky présente sa théorie des formes qui participe de la même rigueur et de la même volonté de constituer le langage des moyens purs de l'art qui, au-delà des apparences, va parler à l'âme humaine.
    Dans ce texte capital et souvent mal compris, Kandinsky pose les bases de la future science de l'art, clef pour un art abstrait authentiquement prophétique.

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